Béryl Magazine

 
beryl-cover_2.jpg
 
 

Édito

Le bijou est un objet complexe dont l’étude comporte plusieurs enjeux. Il a été produit sur tous les continents par des cultures extrêmement variées et est apparu en même temps que les premières formes connues d’art pariétal et mobilier ou un peu avant elles. Comme elles, il est l’une des premières manifestations de préoccupations divergeant de la simple survie et participe de ce fait à la connaissance de l’homme et de ses origines. Dans une optique anthropologique plus large, l’étude du bijou interroge les rapports de cet objet au corps qui le porte, rejoignant la réflexion sur le corps lui-même. En tant qu’élément de parure, le bijou participe de l’apparence physique que les hommes se donnent au même titre que le vêtement et les modes de présentation de la chevelure avec lesquels il se fond parfois.

Il sert alors d’indicateur social traduisant un état, un statut, l’appartenance à un groupe et la façon de s’y intégrer : il marque par exemple l’adhésion ou le rejet de valeurs. Il situe un individu dans le groupe auquel il appartient. En effet, comme l’écrit David Le Breton, « (...) le corps est aussi pris dans le miroir du social, objet concret d’investissement collectif, support de mises en scène et de mises en signes, motif de ralliement ou de distinction à travers les pratiques et les discours qu’il suscite. »

 
 

Le bijou plusieurs enjeux 
Ferrer les femmes

Dans certaines vallées alpines de la Savoie et du Dauphiné l’expression ferrer l’épouse désigne l’achat du trousseau de bijoux pour la mariée à la veille des noces (Van Gennep, 1932 : 95, 122- 123).

Texte Marlene ALBERT-LLORCA Patrizia CIAMBELLI

Cette façon de dire peut prendre d’autres formes telles enchaîner l’épouse, aller chercher les fers. Les bijoux sont dans le même contexte désignés comme le ferrement des femmes, la ferrure, les dorures, les ors.

Pour la Provence F. Mistral (1979) cite le mot ferramento o farramento, dont l’usage burlesque indique les joyaux d’une nouvelle mariée. L’arc alpin italien offre d’autres exemples du même rapport sémantique : dans les vallées du Trentino oriental on disait ‘nferar la sposa (Valsugana) e ‘ndorar la sposa (Val di Fiemme), ¡nzercolare la tosa (cercler ou poser le cercle), lier ou anneler (Raffaelli : 1988 ; Gri, 1994 : 96). Ici la suite

 

Le bijou plusieurs enjeux
Le corps

« On ne porte pas n’importe quoi, on porte ce qui est accepté dans son groupe ! Cette restriction est fondamentale car elle induit l’idée d’un contrôle de la société sur la parure. »

Texte Yvette Taborin

Plus précisément, le fait que le bijou soit un objet ajouté au corps et le transforme ouvre plusieurs pistes de réflexion. L’une d’entre elles intéresse la nature de la modification du corps par le bijou. Dans quelle mesure le bijou transforme-t-il le corps ? Est- il pensé comme adjonction au corps ou extension de celui-ci ? A quelles parties du corps s’adapte-t- il ? Pourquoi ces parties- là ? Comment agit-il avec ces zones corporelles ? Comment est- il mis en valeur ou absorbé par les autres éléments de l’apparence? Ici la suite

 
 

Le bijou plusieurs enjeux
Transmettre

« La transmission demeure une notion centrale de

l’anthropologie en ce qu’elle représente l’instrument par excellence de la continuité sociale » (Catherine Choron-Baix).

Texte Catherine Choron-Baix et Marlène Albert-Llorca

 

 

 

Ici la suite

 
 
 

Le bijou qui pénètre
Modifications corporelles

Il faut noter que ce mouvement des « modern primitives » ne nie pas la modernité dans son ensemble, certains de ses membres se qualifiant même de « technochamanes ».

Texte Bruno Rouers

Depuis quelques années, les modifi- cations corporelles ont pris dans les sociétés occiden- tales une expansion remarquable et il est difficile de dire si elles rentrent dans le cadre d’un phénomène de mode ou si elles manifestent une nouvelle approche du corps. La pratique du tatouage est ancienne et s’est considérablement développée depuis un siècle dans nos sociétés, celle du piercing ne date que de quelques dizaines d’années, celle des implants est encore plus récente.

Ici la suite.

 

Bijou et mort
Question anthropologique I

Une seule suffisait d’ordinaire, comme la fibule retrouvée dans une tombe anonyme du même site, mais la reine se distingue en en possédant deux. Peut-être a-t-elle voulu lancer une nouvelle mode.

Texte Christine Vève

 

QUE NOUS APPRENNENT CES BIJOUX, RETROUVÉS DANS UNE TOMBE, SUR LA DÉFUNTE QUI LES PORTAIT ?

En 1959, à l’occasion de fouilles entreprises dans la basilique Saint-Denis, un sarcophage de pierre qui réserve bien des surprises est découvert. Cette tombe contient en effet la dépouille d’une reine mérovingienne accompagnée d’un luxueux mobilier funéraire.

La suite ici.

 

Bijou et mort
Masque funéraire

Hérités des Olmèques, les masques et les bijoux servaient à perpétuer l’image du mort. Les masques étaient fabriqués en terre cuite, en albâtre, en jade, ou dans un délicat travail de mosaïque. Le jade était le matériau le plus précieux et servait d’offrande favorite aux dieux, avant que les Mayas ne découvrent plus tard les métaux précieux.









La suite ici.

 
 

Bijou et mort
Science

Vous vous êtes sûrement déjà posé la question de savoir si, au moment de votre décès, vous préférez être enterré ou incinéré ? D’autres alternatives, moins courantes existent également, telles que la congélation, ou la momification, mais actuellement, une nouvelle solution est en train de faire un ravage dans le domaine des pompes funèbres. A présent, il est également possible d’opter pour l’option de se faire transformer en diamant après avoir été incinérer.

Texte Dellaa Yasmira

Ça a l’air d’un canular. « Il est désormais possible de porter un être cher en pendentif, sur une broche ou serti dans une alliance », se félicite Yrsa Baehr, responsable d’Algordanza France. La jeune Allemande, on ne peut plus sérieuse, présente le diamant de la firme. Raison sociale de celle-ci : transformation des cendres humaines issues d’une crémation en diamant. La suite ici.

 

Bijou et mort
La vierge

« Donc elles seraient chose égale à moi, Celles que je fais vieillir tous les jours, Si à force de se peindre et de se fourbir, Elles pouvaient redevenir plus jeunes »

Texte Marlene ALBERT-LLORCA Patrizia CIAMBELLI

 

Un poème satirique du moine de Montaudon, un troubadour du Xllle siècle, invite à s’interroger sur ce jugement. Il évoque une audience céleste où les Saintes Images viennent - en personne ! - se plaindre à Dieu que les peintures initalement destinées à les rendre « belles et bonnes » soient utilisées comme fards par les femmes.

La suite ici.

 

Bijou et mort
Mythologie

Au VIIIe siècle avant JC, le terme“adamas”apparaît dans certains textes gréco-romains. Ce terme signifie “l’indomptable”, “l’invincible”. Réputé pour sa dureté unique, le diamant est synonyme“d’adamas”et est désigné par ce terme.

Alors que les diamants étaient considérés comme talisman contre l’empoisonnement, la poudre de diamant ingérée était, elle, un poison connu. Ainsi, le fils du Sultan Bajazet (1447-1513) aurait empoisonné son propre père en versant de larges quantités de diamants réduits en poudre dans sa nourriture. En 1532, les médecins du Pape Clément VII lui ont prescrit quatorze cuillerées de poudre de diamant et de pierres précieuses.

La suite ici.